
Faut-il être forcément grand pour bien jouer au basket ? A voir. La question de taille restant de ne pas tomber dans le panneau.

Troisième tournage en compagnie de cette administratrice atypique. J’avais bien compris qu’elle ne supportait pas d’être prise en photo. Aujourd’hui, je découvre sa frayeur du vide. A part cela, sincèrement, elle est charmante.

“Faut rigoler…”
A midi, la radio annonce la mort du nonagénaire Henri Salvador. Au même instant (décisif ?) passe un vieux monsieur, choqué, dans l’encadrement de ma portière. “Avant que le ciel nous tombe sur la tête !” Suis touché.
Ce soir, un coup de fil m’apprend la disparition tragique de mon copain Nicolas Delcroix, perchman (“boom operator” en anglais). Pas ou à peine trentenaire. Suis coulé.

Le dernier plan, de la dernière scène, de l’ultime jour de prises de vue. Sentiments mélangés, entre fraternité exacerbée et grosse fatigue. Une seule certitude : Coluche, le “vrai”, celui dans l’univers duquel nous avons “vécu” et auquel nous avons tous consacré (au minimum) les trois derniers mois, nous manque cruellement. Par ricochet, frémit déjà un sentiment de vide face à la disparition programmée de celui qu’a incarné le comédien François-Xavier Demaison, devant nos yeux souvent ébahis. Merci au cinéaste d’avoir su créer ce doux mirage ! C’est l’histoire d’un film…

Manu est l’accessoiriste. Ce qui, selon une nomenclature toute cinématographique, suppose qu’il ait l’œil sur tout !
Prêt à bondir, il dissèque chaque angle vu, puis détaille et asservi sa colonie d’objets. A la demande, déplace avec grâce revues et mobilier léger, et la grimace billard ou canapé armé. Puis s’efface. Une tête d’enfant velu prolongé par deux pognes d’équarrisseur ardu. Méfiance : cet homme au sourire désarmant affirme, sans relâche, vouloir ma place…

Lui, c’est le patron.
Cent fois par jour, sur le plateau, le metteur en scène doit répondre aux interrogations, suggestions, doutes, critiques, fusant de toutes parts. Cent fois par jour, impatient, celui-ci hurle “moteur”, à vide, espérant bousculer la lourde machine d’un tournage, ou en conjurer l’inertie. Demain, ce sera pareil. A force, les équipiers d’Antoine l’ont surnommé ACDC.

Studios SFP de Bry-sur-Marne, 35ème jour de tournage de “Coluche”. L’armada des techniciens du film, emmenée par l’amiral Antoine de Caunes, s’apprête à “mettre en boite” un dîner qui dégénère en massacre alimentaire. Choux devant : la matière grise va bientôt céder le terrain à la matière grasse !
Spécialisé en portrait et en reportage, il alterne ou associe texte et photo. Passionné de cinéma, il collabore à la rédaction de Studio Magazine depuis 1994 et se forge, depuis le début de la décennie, une « filmographie » en tant que photographe de plateau. Depuis peu, il associe texte et image en réalisant des making-of sur les tournages de cinéma. Passionné de rugby, il interviewe et photographie d'autres fêlés de l'ovale pour le magazine Attitude Rugby depuis 2006.