
Trois ventes aux enchères, où certains tirages ont battus des records absolus, n’ont pas suffit à disperser l’immense collection de photographies anciennes rassemblées (souvent sauvées de l’ignorance et parfois de la destruction) par Marie-Thérèse et André James depuis les années 50. Toute la “préhistoire” de la photographie y figurait. Contre toute attente, cette quatrième vente chez Sotheby’s recèle encore quelques trésors… Je n’ai pas pu m’empêcher d’aller tâter quelques vestiges centenaires, comme ce lot n°169 contenant seize portraits du sulfureux peintre de L’origine du monde.
(le peintre) (les collectionneurs) (les trésors)
Commentaire [1]

Troisième tournage en compagnie de cette administratrice atypique. J’avais bien compris qu’elle ne supportait pas d’être prise en photo. Aujourd’hui, je découvre sa frayeur du vide. A part cela, sincèrement, elle est charmante.

Il y a eu les yeux ronds face à la mer d’huile et au ciel pétrole, la plage dorée, les flamands roses, les toros noirs, les étalons blancs et les couchers de soleils rougeoyants. Pourtant, à l’issue de cette semaine de rêves multicolores grappillée en Camargue, ce pourrait finalement être cette image-là de My-Lan qui me touche le plus. Un terne casse-croute pain de mie/cellophane/rosette, avalé au lance-pierre au beau milieu de l’A6. Certes. Mais dégusté sur le siège de son papa…

Longtemps, l’entreprenant Didier Mallet a été notre président. Sous son impulsion, l’association Grandeur Nature organise un festival proposant “un autre regard sur la nature” (cliquez ici). De nouveaux horizons lui font renoncer à ce poste, mais il en reste le leader naturel. Avis à la population : être élu Président n’est pas une fin en soi !

L’écrivain François Jonquet est venu voir mes portraits de Daniel Emilfork, pour la couverture d’un livre qu’il lui consacre.
Tout tient dans une boite Kodak 24/30 : les négatifs, planches contactes et tirages de quatre séances faites entre 1996 et 2001. En les parcourant, les mots raffinés et graves, l’improbable accent, les fous-rires homériques et l’insondable amertume de Daniel rugissent autour de moi. Je pense souvent à lui, à son “étrangeté” qui lui servait de paravent, aux heures passées à discuter de sa vie au service du jeu ou de son inéluctable disparition, qui le hantait. Ces “madeleines” photosensibles seront-elles aussi vivaces lorsque l’intégralité de mes “boites à images” seront ingérées par un disque dur ?

Manu est l’accessoiriste. Ce qui, selon une nomenclature toute cinématographique, suppose qu’il ait l’œil sur tout !
Prêt à bondir, il dissèque chaque angle vu, puis détaille et asservi sa colonie d’objets. A la demande, déplace avec grâce revues et mobilier léger, et la grimace billard ou canapé armé. Puis s’efface. Une tête d’enfant velu prolongé par deux pognes d’équarrisseur ardu. Méfiance : cet homme au sourire désarmant affirme, sans relâche, vouloir ma place…

Sa définition de notre métier ? “Le photographe doit être comme un dentiste : travailler vite, et sans faire mal… !”
Venu sur le tournage tirer le portrait de François-Xavier Demaison, alias Coluche, pour “Paris-Match”, Jean-Marie Périer a immédiatement accepté de “brouiller les cartes” devant mon objectif, selon une mise en scène instaurée ce matin même pour immortaliser les copains de l’équipe, à quelques jours de la fin du film. Merci, jeune homme !

Lui, c’est le patron.
Cent fois par jour, sur le plateau, le metteur en scène doit répondre aux interrogations, suggestions, doutes, critiques, fusant de toutes parts. Cent fois par jour, impatient, celui-ci hurle “moteur”, à vide, espérant bousculer la lourde machine d’un tournage, ou en conjurer l’inertie. Demain, ce sera pareil. A force, les équipiers d’Antoine l’ont surnommé ACDC.
Spécialisé en portrait et en reportage, il alterne ou associe texte et photo. Passionné de cinéma, il collabore à la rédaction de Studio Magazine depuis 1994 et se forge, depuis le début de la décennie, une « filmographie » en tant que photographe de plateau. Depuis peu, il associe texte et image en réalisant des making-of sur les tournages de cinéma. Passionné de rugby, il interviewe et photographie d'autres fêlés de l'ovale pour le magazine Attitude Rugby depuis 2006.